Yvan Bedard Photo Nature | vision-artistique

 

   

Alabama Hills, Californie, USAIl faisait chaud, j'étais seul, et je suivais le chemin vers le fameux Mobius Arch quand j'ai vu cette petite arche de forme inusitée. Difficile d'accès à cause des parois verticales, je ne savais pas trop comment y placer mon trépied pour utiliser l'arche comme cadre et photographier les montagnes du Sierra Nevada en arrière-plan. Pas le choix, il faut grimper et se placer entre les deux parois verticales pour réussir ma prise de vue. J'aggripe mes pieds du mieux que je peux sur les parois de chaque côté. Une chance que les roches sont rugueuses. Puis, deux pattes presque horizontales et une verticale pour mon trépied, voilà que j'y suis mais il faut que je réussisse à garder mon équilibre en regardant dans le viseur, cadrant ma photo, faisant ma mise au point ...

 E n g l i s h 

 

MA VISION ARTISTIQUE 

 

J'exprime ma vision du monde principalement par mes choix de perspectives et ma fascination pour la lithosphère, i.e. les scènes impliquant la croute terrestre. Le roc sous toutes ses formes me fascine, il révèle les forces de notre planète et donne un caractère indéniable aux photographies de paysage. Son érosion nous révèle la longueur réelle du temps, son inertie nous invite au calme, sa solidité sert à ancrer fermement mes photographies, sa présence sous mes pieds me rassure mais ses plis témoignent de grands bouleversements. Ses multiples

Lathe ArchLathe Arch, Alabama Hills, California, USAVoici la vision que j'avais de cette scène, les sommets de montagne épousant la forme concave de l'arche. A mon retour, en fouillant sur internet, j'ai appris que cette petite arche s'appelait Lathe Arch.

couleurs m'éblouissent, ses textures me séduisent, son accointance avec l'eau m'apaise, son jeu de cache-cache avec les marées et les glaces m'ébahit, puis ses formes parfois abstraites ou bizarres me magnétisent. Tout comme nous, il finit ses jours en poussière, face à la mer ou dans un désert.

 

 

 

Galet Beaudry Neuville QuebecNature paradoxale - Paradoxical NatureEdition Exclusive de luxe
(limitée à 10 tirages - limited to 10 prints)
Neuville, Québec, Canada
Sur les rives du Saint-Laurent - On the shore of the St-Lawrence River
Upper Antelope Canyon hourglassL'érosion du temps - The Erosion of TimeEdition Exclusive de luxe
Upper Antelope Canyon, Arizona, USA

FRANçAIS: j'aime beaucoup cette photographie où le sable qui coule fait penser à un sablier mesurant le temps qui passe. Ce sable sculpté par les crues soudaines typiques du désert arizonien. Ce sable apporté par les vents de surface, dix mètres plus haut. Le temps s'écoule et même ce qui semble immuable finit par changer!


ENGLISH: I like very much this photograph where the sand pouring on the ground reminds hourglasses measuring time. This sand sculpted by flash floods typical of the arizonian desert. This sand brought by surface winds, ten meters above. Time goes by and what appears to be stable forever is indeed slowly changing!
Marbel Canyon in Kootenay Parc, British-Columbie, CanadaLe temps passe et laisse sa trace - Time goes by and leaves its traceEdition exclusive de luxe
Marble Canyon, British-Columbia, Canada

FRANÇAIS: Les eaux glaciales turquoises provenant des sommets enneigés des Rocheuses franchissent leur chemin au travers des obstacles dans cet étroit canyon aux parois de roc. L’érosion profonde laissée par ce cours d’eau témoigne d’un parcours millénaire.

ENGLISH: The turquoise icy water from snow-covered mountains makes it way thru obstacles in this narrwo canyon with rocky walls. The deep erosion made by this watercourse indicates a millenary path.
Pont de pierre, de lumière, d'eau et de vie - Bridge of rock, light, water and lifePont de pierre, de lumière, d'eau et de vie - Bridge of rock, light, water and lifeEdition Exclusive de luxe
Halte du Pont de pierre, Saint-Léonard de Portneuf, Québec, Canada

L'histoire de cette photographie:
Ce pont de pierre m’attendait depuis ma tendre enfance. A chaque année, mes parents nous amenaient mon frère et moi sillonner la route 367 jusqu’à Rivière-à-Pierre afin d’admirer les couleurs de l’automne. Ce pèlerinage, je le fais encore avec ma famille. C’est après être passé par Saint-Léonard, village natal de mon père, et avoir dépassé l’entrée du fameux Lac Simon que nous arrivons à la Halte du Pont-de-Pierre. Il s’agit d’un arrêt obligatoire dans notre périple automnal. Cette petite halte bien humble nous attend paisiblement, offrant aux visiteurs un air de fraîcheur qui est bienvenu. Elle permet d’admirer la montagne tout juste devant, aux couleurs éclatantes et à la couverture riche comme un morceau de velours sous le soleil. Et là, dans cette halte, il y a ce pont de pierre en granit dont le coeur a été creusé par un petit ruisseau au fil des millénaires. Tout le monde de la région connaît le “Pont de pierre”! On y arrête pour se reposer, pour cueillir des feuilles de différentes couleurs, pour se tremper les pieds dans le petit ruisseau, pour traverser sur le pont et marcher dans les bois, pour pique-niquer ou simplement pour sentir l’odeur de l’automne et de la mousse des bois tout en écoutant le ruissellement de l’eau dans un cadre enchanteur.

Cela faisait plusieurs années que je voulais réaliser une photographie différente de cet endroit. Habituellement, je faisais comme un peu tout le monde et photographiais le pont de pierre de face, là où le ruisseau tourne à 90 degrés, tout près d’une table à pique-nique. De cet endroit, on voit très bien le pont et le ruisseau qui passe en son ventre. J’en ai réussi de très belles qui ont même été publiées dans des livres, mais je savais que je pouvais faire mieux, que je devais faire mieux non seulement pour mieux transmettre l’esprit de ce lieu, mais pour communiquer les émotions que je ressens face à cette oeuvre de la nature. Mon défi était de recréer cette ambiance qui m’avait tant émerveillé à l’âge de 6 ans, mon souvenir le plus lointain de ce lieu. Je me souviens encore très bien de cette visite avec mon père parce que c’est cet endroit que j’avais dessiné à mon entrée à l’école lorsque la maîtresse nous avait demandé de représenter ce qu’on avait aimé le plus de notre été. J’espérais donc revivre, avec ma photographie, ce moment d’émerveillement enfantin malgré le nombre de mes visites à cet endroit. Mais voilà, comment m’y prendre? J’avais pourtant déjà essayé!

Un bon jour d’automne, alors que la température était merveilleuse, je pris mes bottes de caoutchouc hautes jusqu’aux genoux et dis à ma conjointe “On y va, j’ai une idée!”. Une fois rendu sur les lieux, j’enfile mes bottes, prépare mon trépied et ma caméra, puis je m’avance tout doucement dans l’eau. Il fallait être très prudent car les pierres du fond étaient couvertes de mousse très glissante et je n’avais aucune branche proche pour m’agripper. J’avançai lentement dans ce ruisseau avec tout mon équipement, cherchant un angle privilégié. Après différents essais, je me déplaçai presque sous le pont pour aller chercher la lumière du soleil baissant qui jaillissait par derrière. Je pouvais alors combiner lumière, eau, terre et plantes, une sorte de genèse de la vie. Je misai sur les contrastes “lumière/ombres”, “gris/couleurs”, et“dureté/fluidité” pour construire ma composition. Je trouvai finalement une façon de faire ressortir la petite cascade représentant “l’écoulement rapide du temps présent” avec la stabilité du roc représentant la “résistance au temps”, et tout ceci avec cette lumière de vie émergeant du coeur du Pont de Pierre! À ce moment, j’ai réalisé que j’avais enfin trouvé!

  

 

J'aime également l'ambiance feutrée des scènes minimalistes ou douces avec des textures inspirantes ou des luminosités très pâles, ainsi que les scènes très forte et lumineuses, arborant des couleurs riches ou claires-obscures (chiaroscuso, lumières sombres). Je poursuis les lumières furtives inusitées et revisite souvent les mêmes lieux, attendant patiemment un de ces moments magiques que je veux reproduire et partager.

 

Vieille grange et tempête d'hiverIsolés par la tempête de neige - Isolated by the snow stormEdition Limitée Signature
Saint-Augustin-de-Desmaures, Québec, Canada
Antibes au coucher de soleil avant l'orageSeul avant l'orage et la nuit - Alone Before the Storm and NightAntibes, Côte d'Azur, France Coucher de soleil sur les battures du Saint-Laurent en hiverChaleur d'hiver - Warmly winterCoucher de soleil sur les battures du Saint-Laurent en hiver
Neuville, Québec, Canada

 

L'ensemble de cette créativité s'inspire de l’esprit des lieux, de l’ambiance du moment, de ma perception émotionnelle, du son des lumières et de la couleur des silences. Photographier la nature, c'est vivre son présent avec une très grande acuité sensorielle. La photographie artistique, c'est un processus lent, minutieux, incertain et intuitif requérant à la fois disponibilité émotive et maîtrise technique. La photographie ainsi pratiquée est une action créatrice qui va bien au-delà du simple cliché.

 

Ma créativité s'exprime par le choix des sujets, des moments, des filtres, des objectifs, des mises en évidence, des positions et des orientations de mon appareil photo. Je suis un adepte de la polarisation pour augmenter la saturation des couleurs chaudes et leur contraste avec les couleurs froides. J'utilise fréquemment les filtres gris neutre dégradés pour équilibrer les lumières de certains ciels ainsi que les filtres noirs pour créer des effets éthériques avec de très longues poses.

 

Mon éthique photographique: je limite les manipulations informatiques afin de ne pas dénaturer ce que j'ai vu tout en me permettant d'exprimer ma vision de la scène observée. Ces manipulations ressemblent typiquement aux techniques de finition utilisées autrefois en chambre noire, incluant le choix de filtres et de papiers spécifiques pour le tirage. Par exemple, je peux rehausser localement les contrastes et la saturation, rendre les teintes plus chaudes ou plus froides, recadrer l'image, éliminer une poussière ou détail indésirable, corriger l'horizon, jouer avec le flou et la netteté, etc. Toutefois, je n'ajoute pas d'éléments qui étaient absents lors de la prise de vue, même si ceci était autrefois utilisé en chambre noire.

 

Ile-aux-Basques, Québec, CanadaLe chemin était accidenté, parfois glissant. Sur le haut du cap, l'endroit est étroit mais stable. Il permettra de s'installer et de photographier le soleil se couchant sur le Saint-Laurent. Merci à mon ami Pierre-Martin Marotte d'avoir pris cette photo.

Ile-aux-Basques, fleuve Saint-Laurent, Québec, CanadaSur le bord du cap, à une dizaine de mêtres au-dessus de la grève rocailleuse, quel meilleur endroit pour observer ce coucher de soleil, n'est-ce pas Pierre-Martin?

L'action créatrice du photographe a davantage de valeur lorsqu'il réalise et contrôle lui-même toutes les étapes menant à son oeuvre. Ainsi, j'exécute moi-même (1) la planification des excursions à l'aide des technologies géomatiques les plus récentes, (2) la prise de vue sur le terrain avec mes équipements professionnels, (3) le traitement des photographies avec mes logiciels spécialisés, et (4) leur impression dans mon laboratoire sur papiers et canevas minutieusement choisis. Finalement, (5) je livre avec soin des oeuvres de la plus haute qualité ayant une grande longévité, accompagnées d'un certificat d'authenticité et autres documents selon les éditions. Je considère qu'un tel contrôle est nécessaire pour qu'une oeuvre mérite ma signature authentique.

 

Mon leitmotiv

Repérer la beauté

Mettre la beauté en exergue de façon artistique

Reproduire la beauté sur un support de qualité pour la partager avec vous de façon durable